le senegal :histoire et geographie

La Seconde Guerre mondiale contribue à une prise de conscience qui ouvre la voie à une autonomie progressive des colonies, puis aux indépendances [69]. L’Empire colonial français cède d’abord la place à l’Union Française en 1946 qui confère au Sénégal un statut de territoire d’outre-mer. Ces avancées sont pourtant jugées insuffisantes et la montée de l’anticolonialisme dans de nombreux pays aboutit au vote de la loi-cadre du 23 février 1956 qui permet au gouvernement de modifier le statut de ces territoires. Comme d’autres, le Sénégal conquiert une autonomie accrue, ainsi que le suffrage universel pour les hommes et les femmes.

En 1958, après son retour dans l’arène politique à la suite du putsch d’Alger, le général de Gaulle propose un projet de constitution soumis à un référendum dans tous les États africains. Lors du référendum constitutionnel du 28 septembre 1958, 97,2% des Sénégalais optent pour le statut d’État membre dans le cadre de la Communauté et le pays se dote d’une constitution proche du modèle français.

L’éphémère Fédération du MaliSoucieux de préserver l’unité régionale, le Soudan français (actuel Mali) et le Sénégal fusionnent en janvier 1959 pour former la Fédération du Mali[70], qui devient complètement indépendante le 20 juin 1960 et dont la capitale est Dakar. Cette indépendance est la conséquence des transferts de pouvoirs convenus dans l’accord signé en France le 4 avril 1960. Un déséquilibre économique et des rivalités personnelles provoquent le démembrement de la fédération le 20 août 1960. Le Sénégal et le Mali déclarent leur indépendance et entrent séparément à l’ONU le 28 septembre 1960.


Le Sénégal occupe l’extrémité la plus occidentale du continent africain, à la hauteur du quinzième parallèle. Le pays est limité à l’ouest par l’océan Atlantique (530 km de côte), au nord par la Mauritanie, à l’est par le Mali, au sud par la Guinée et la Guinée Bissau. La Gambie, constituée d’une bande de terre longue de 350 km en bordure du fleuve Gambie, est enclavée dans son territoire.

Le fleuve Sénégal forme la frontière avec la Mauritanie et son principal affluent, le Falémé, marque les limites avec le Mali. Au centre, le Saloum se jette dans la mer par un long estuaire encombré de mangroves. Ces fleuves sont sujets aux variations saisonnières, sauf le Sénégal qui a été aménagé pour permettre l’irrigation de son delta.

D’une superficie de 197.000 km² (France : 549.000 km²), le Sénégal est une grande plaine dont l’altitude dépasse rarement 100 mètres. Le point culminant, le mont Assirik (498 m), se situe dans le Fouta Djalon à son extrémité sud-est. Le Sénégal comprend quatre régions naturelles :
la région côtière nord (de Saint-Louis à la Gambie) est sableuse et rectiligne, de l’embouchure du Sénégal à la presqu’île du Cap Vert. Celle-ci est rocheuse et découpée, bordée d’îles et d’îlots (Gorée, Ngor) ; au sud le rivage est marécageux, bordé de mangroves à l’embouchure des cours d’eau ;
la région sahélienne, très sèche : la végétation est pauvre, sauf dans la vallée du fleuve Sénégal, mais le sol sablonneux permet la culture de l’arachide ;
la région soudanienne au sud de celle-ci (Sénégal oriental et Haute-Casamance) où domine la savane forestière, zone d’agriculture intensive, d’élevage et de chasse ;
la Casamance : caractérisée par un réseau hydrographique développé. C’est une région fertile (rizières, plantations de palmiers à huile, fromagers).

Le Sénégal compte 10,5 millions d’habitants dont près de 44% ont moins de 15 ans.

La population se divise en une douzaine de groupes ethniques, dont les principaux sont les Wolofs (35%), les Sérères (20%), les Peuls (15%), les Toucouleurs (10%), les Diolas (8%).

Densité : 52 habitants / km² Accroissement naturel : 2,7% Espérance de vie : 54 ans Urbanisation : 50%

Le climat est de type tropical. Il se caractérise par une sécheresse au nord qui s’aggrave d’année en année, par des pluies abondantes dans le sud du pays, notamment en Casamance (100 mm au nord, 1200 mm au sud) et par l’alternance de deux saisons :
une saison sèche de novembre à juin pendant laquelle soufflent les alizés maritimes qui apportent de la fraîcheur au niveau du littoral, et l’harmattan sec et chaud qui charge l’air de poussières et engendre le phénomène des brumes sèches ;
une saison des pluies de juillet à octobre, improprement appelée « hivernage », provoquée par la mousson du sud-ouest, et pendant laquelle il est déconseillé d’emprunter les pistes. La saison des pluies est plus longue et plus intense en Casamance.

En raison de la désertification qui s’étend au sud de Saint-Louis, le climat s’est nettement réchauffé, se rapprochant de celui de la Mauritanie. Les températures moyennes annuelles oscillent entre 18 et 26 degrés sur le littoral et entre 24 et 30 degrés à l’intérieur du pays pendant la saison sèche. Pendant la saison des pluies, les températures oscillent alors entre 25 et 30 degrés sur le littoral et entre 30 et 40 degrés à l’intérieur du pays avec des maxima de 50 degrés.

Les plus forts écarts de température ont lieu en saison sèche où les nuits sont froides et les journées parfois torrides.

Les précipitations moyennes dans quelques villes du Sénégal sont les suivantes : Saint-Louis : 360 mm, Dakar : 500 mm, Ziguinchor : 1500 mm.

Le littoral atlantique se caractérise par une humidité relativement élevée pendant toute l’année (les maxima sont toujours supérieurs à 80%, les minima de janvier et février sont de 35 à 40%). A l’intérieur des terres, les variations d’humidité sont beaucoup plus accusées (de 98% en saison des pluies à 9% en mars au cœur de la saison sèche).

a) Dakar

Capitale du Sénégal depuis son indépendance (2,3 millions d’habitants environ), située dans la presqu’île du Cap Vert, sur l’océan Atlantique, à l’extrémité occidentale du continent africain. Elle a été, de 1902 à 1956, capitale du gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française (AOF). C’est la plus grande ville du pays ainsi que son centre politique, administratif, économique et culturel. Construite sur une magnifique rade en eau profonde, c’est un des ports de commerce les plus dynamiques de l’Afrique occidentale et un port de pêche très actif, autour duquel s’est développée une importante industrie de traitement du poisson. Les autres activités industrielles sont principalement agroalimentaires (fabrication de l’huile d’arachide, de savon, raffinage de sucre) et textiles. La ville possède une université et un grand centre d’étude de la culture africaine, l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN).

b) Thiès

Ville située à l’ouest du Sénégal, près de Dakar (320.000 habitants environ) dans une région agricole (élevage, riz, cacahouète, millet, fruits). Elle accueille un institut français de technologie.

c) Kaolack

Ville de l’est du Sénégal, à 190 km de Dakar sur le Saloum (180.000 habitants environ). C’est un important port exportateur d’arachide.

d) Saint-Louis

Port de pêche (180.000 habitants environ), à l’embouchure du fleuve Sénégal, situé à 265 km au nord de Dakar, il abrite également des industries agroalimentaires (sucreries).

C’est un des plus anciens comptoirs commerciaux européens, fondé en 1638 par des Français. Capitale de l’AOF de 1885 à 1902, puis capitale du Sénégal et de la Mauritanie de 1902 à 1958.

e) Ziguinchor

Capitale de la Casamance (102.000 habitants environ). Port sur l’estuaire de la Casamance à 450 km au sud de Dakar.